Aux jeunes de se tenir debout

Une troisième force politique incarnée par les jeunes?  Ce mois de mai 2016 a vu un paysage politique semblant en gestation avec la naissance de deux partis politiques qui veulent incarner le changement et les aspirations des jeunes.  L’un mené par M. Nicolas Frichot, un dissident travailliste, qui a lancé son parti le « Front National ». Le nom du parti peut, à tort, prêter à confusion rappelant son homonyme français, le parti d’extrême droite française, le Front National de Jean-Marie Le Pen. Mais qu’à cela ne tienne. Autre nouvelle formation politique,  « La Voix Nationale » dont le leader est M. Krishna Attal. Celui-ci s’était illustré à la veille des élections de décembre 2014 avec une biographie élogieuse voire très complaisante de l’ancien premier ministre, Navin Ramgoolam. Qu’importe les stratégies et les intentions de ces deux partis, ils veulent tous, nous dit-on, une nouvelle manière de faire de la politique.

Mai 2016 ne va pas sans se rappeler de mai 1975. Comme-ci le mois de mai est porteur  des germes des revendications et du désir d’émancipation. Mai 1975 c’était la jeunesse mauricienne  qui battait le pavé pour plus d’égalité dans le secteur éducatif avec à terme la nationalisation des collèges privés et l’introduction de l’éducation gratuite. Entre autres revendications de l’époque : la nécessité de décoloniser et de mauricianiser  le système éducatif et la création de l’emploi pour endiguer le chômage. Mai 1975 fut le printemps de toute une génération active à revendiquer une société plus juste et solidaire. D’une génération à l’autre, que reste-t-il aujourd’hui de mai 1975 ? 41 ans après,  le spectre du chômage guette. A 7.9%, le cap de 8% de chômage semble franchi. Selon les derniers indicateurs pour l’année 2015 du Central Statistics Office (CSO) 26.3% des jeunes de 16 à 25 ans sont  touchés par le chômage, les jeunes femmes étant encore plus économiquement vulnérables. Au-delà de la froideur des chiffres, ce sont des jeunes qui vivent quotidiennement la précarité et la dépendance économique.

Face à tant de griefs, ces nouveaux partis politiques auront du mal à occuper le creuset de crispations et de malaise qui guettent la jeunesse mauricienne.  Des nouveaux partis organisés autour d’un leader peuvent sembler désuets. C’est le cas de ces nouveaux partis qui s’inscrivent dans le même moule que les partis traditionnels. Ainsi, leur lancement se fait à coup de conférences de presse, d’interventions médiatiques, les mêmes recettes de mobilisation que les partis traditionnels.

N’empêche que l’heure  est à l’intelligence collective décuplée par les réseaux sociaux et sur le coltard. Sans tuteurs, meneurs ou leaders. Ce qu’il faut c’est un mouvement, une lame de fond autour des enjeux qui préoccupent les jeunes dont le chômage, une éducation de qualité, la protection de l’environnement, pour ne mentionner que cela.

Les jeunes doivent être des citoyens actifs prêts à réinventer la société. Il leur appartient de se rencontrer, de débattre, de contester et de proposer un projet de société qui sied à leur génération. Lors de sa récente visite à l’Université de Maurice, le secrétaire général des Nations-Unies exhortait les jeunes à «faire entendre leurs voix » et « oser défier les leaders et les rendre inconfortables » (Le Mauricien, 10 mai 2016). En bref, il appartient aux jeunes de se tenir debout.

 Azhagan Chenganna, 22 mai 2016

Jambo (hello in Swahili) from Kenya!

After a short spell in Nairobi attending the Pan Africa Media Conference 2010, there are indeed lots of reasons to be optimistic about the present and future of the continent. The Nation Media Group, one of the great institutions of African journalism, is celebrating 5o years of its existence and its service to public interest journalism. The world will soon convene in South Africa as it hosts the World Cup and this mega event may well serve to give a new image and rid the continent of the clichés of underdevelopment, disease and famine. The need for Africa to have a broadcaster of its own also came out resoundingly. If CNN is to America, Aljazeera to the Middle-East and Arab world, then Africa should have a global media of its own. The South African Broadcasting Corporation (SABC) may well take the lead to become a transnational/global media broadcasting news and images of Africa across the world. Many projects and promising futures. Had a very interesting workshop at the British Institute in Kenya.

Peine de mort : Quand la justice tue

Une douche froide pour les militants des droits de l’homme. La peine de mort sera probablement réintroduite à Maurice. Le Premier ministre mauricien a annoncé son intention de réintroduire la guillotine de la peine capitale, hier. Cela alors qu’elle avait été belle et bien abolie à l’Ile Maurice en 1995 et que la dernière exécution à Maurice date de 1987. Gageons que dans un contexte pré-électoral, qu’il est des plus vraisemblables que les politiciens veuillent jouer sur l’émotion, sur l’angoisse et la confusion pour conforter un électorat frappé par la montée de la grande et la petite délinquance. Toutefois, avec sa possible et malheureuse réintroduction en droit et en pratique, chaque mauricien se retrouvera devant sa conscience. La justice mauricienne se transformera en une justice qui tue. L’humanité rougira en parlant de nous. D’autant que face à la violence sociale, on a négligé les études qui démontrent qu’il n’y a pas de lien entre la courbe ascendante de la criminalité et l’effet dissuasif de la peine de mort. On ne s’est pas interrogé sur la faillite de nos prisons qui n’arrivent plus à réhabiliter…, sur la petite misere, sur la faillite de la politique intérieure incapable de juguler les trafics en tout genre et sur la banqueroute d’une politique familiale en mal d’inspiration. A chacun sa conscience !

Op-ed in L’express dimanche and Le Mauricien

http://www.lexpress.mu/services/epaper-79062-b-tribune-minorites-le-defi-de-la-diversite-b.html

Le Mauricien du samedi 26 decembre 2009

Droits humains

Minorités : le défi de la diversité

Relever le défi de l’inclusion sociale et politique. Le deuxième Forum sur les questions relatives aux minorités du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est appesanti cette année sur le thème des minorités et de leur participation effective en politique. Pour assurer une culture de la paix durable les groupes majoritaires et minoritaires doivent jouir tous des mêmes droits : chacun doit être traité de manière égale et posséder les pleins moyens d’être partie prenante du développement et artisan du changement. En somme, le Forum sur les minorités a été l’occasion de souligner que l’inclusion et la participation effective des groupes minoritaires à la vie publique est un levier indispensable à l’instauration d’une société plus juste, plus solidaire et démocratiquement équitable où chacun a sa place.

N’empêche, comment réconcilier le droit à la participation politique et à l’égalité dans un contexte où certaines minorités se retrouvent enfermées dans le cercle des inégalités persistantes, de l’exclusion et de la pauvreté? Comment rompre le cycle de la discrimination dont sont victimes ces « autres » et en finir avec les niveaux disproportionnés de pauvreté dans lesquels ils se retrouvent ? Lors de ce Forum organisé en novembre à Genève, le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme a formulé une quarantaine de recommandations allant toutes dans le sens d’une participation politique accrue des minorités à la vie publique car le droit à une participation effective, rappelle les Nations-Unies, est un droit humain fondamental. Quelques 500 délégués comprenant représentants politiques, experts, universitaires, activistes des groupes minoritaires et des droits de l’homme ont participé aux délibérations dans le but de partager leurs expériences et d’identifier les bonnes pratiques pouvant assurer une meilleure représentation des minorités dans la gouvernance politique

Une série de recommandations pour l’inclusion politique
D’abord une évidence : les membres des minorités sont, par définition et numériquement, trop peu nombreux pour avoir une influence déterminante sur les décisions politiques. Comment faire lorsque – comme c’est le cas à Maurice – les groupes minoritaires et leurs identités deviennent otages des partis politiques ? Parmi les points forts des recommandations du Forum sur la participation effective en politique des minorités, l’article 10 souligne la nécessité que les gouvernements reconnaissent la diversité et s’assurent que les institutions publiques y compris le parlement, la fonction publique, la police et le judiciaire reflètent la diversité de la société. Le document des Nations-Unies recommande l’utilisation des statistiques pour vérifier le caractère réellement effectif de la participation des minorités à tous les niveaux de la société. Ainsi l’article 12 stipule ceci: « a central element of the Plan of action should be the establishment of a specific mechanism […] to conduct a baseline survey and to monitor, on regular basis, the progress achieved towards increasing minority participation. Progress data should be published annually […] ».

Autre point pour amener une participation effective des minorités : la collecte des statistiques ethniques (disaggregated data) par appartenance, âge, sexe, répartition géographique est soulignée comme une condition préalable importante à l’élaboration de modèles de participation de personnes appartenant à des minorités. « Governments should regularly collect up-to-date data on the situation of persons belonging to minorities in order to monitor their effective and meaningful participation. Such data-gathering exercises should take place in an ethnically sensitive manner, […], with full respect for the privacy and anonymity of the individuals concerned, […], as well on the basis of their self-identification as members of the groups» (Article 20)

L’article 21 établit ceci: “ States should ensure that all mechanisms [for minority participation] take into account the specific needs of minority women, as well as other groups within minority communities potentially subjected to intersectional discrimination.»

Au chapitre des partis politiques, l’article 24 note que ceux-ci doivent adopter des codes de conduite condamnant les propos racistes. « Political parties should adopt codes of conduct against inflammatory racist rhetoric and racist political platforms, not only during campaign periods but also between elections. Furthermore, there should be internal party mechanisms imposing strong sanctions against party candidates who violate those codes of conduct, especially when they are part of the party leadership ».

Dépasser le clivage majorités/minorités
Les Dalits en Inde, la communauté Roma en Europe, les Gullah/Geechee Nation aux Etats-Unis, la minorité Arabe en Israel, la communauté Batwa au Burundi, le peuple Balouchistan en Iran… autant de minorités en situation de marginalisation.

Toutefois, le contre-exemple libanais a aussi été soulevé durant l’une des séances du Forum. « A force de s’occuper des minorités, les politiciens libanais ont oublié qu’ils font partie d’une nation », a remarqué un délégué libanais. « Où est l’identité nationale au Liban ? La question reste réponse », s’est écrié le délégué.

C’est pourquoi il faut un nouveau paradigme et dépasser le clivage majorités/minorités, a observé le Professeur Ralston Nettleford, expert des Nations-Unies travaillant sur les personnes à descendance africaine. « Cela me préoccupe que l’on parle de majorités et minorités. Le terme minorité est en lui-même péjoratif et fait partie des désignations basées sur la philosophie européenne et de leurs conquêtes. A la place de ces désignations, il faut s’assurer que tout le monde soit égal et que l’on arrive à réconcilier nos différences. Le métissage représente un espoir. We should live together rather than simply live side by side », a-t-il expliqué. Cela pour relever le défi de la diversité et de l’égalité effective.

Azhagan Chenganna
http://www.lexpress.mu/services/epaper-79062-b-tribune-minorites-le-defi-de-la-diversite-b.html

Le Mauricien du samedi 26 decembre 2009

GENEVA : Minority Forum and The Effective Political Participation of Minorities

After two days of hot debates on minority issues and their effective political participation at the United Nations in Geneva, I am about to pack up to return to Mauritius. Two days of conferencing on the plight of minorities but also debates about the mechanisms that would allow for their enhanced and effective participation in the political process in their respective countries. As said by the United Nations Independent Expert, Gay McDougall, political participation of minorities does matter, representation does matter and factoring concerns of minorities in the political process may allow for a greater empowerment of the disenfranchised communities.

Across the world, be they in Iraq, in Algeria, in Syria, in Sri Lanka, in Iran, minorities face multi-pronged challenges from discrimination, inequalities, exclusions, violations of basic human rights and at times even death. For many of them participation in politics is denied; not only due to their weak numerical size but also because political and electoral systems do not cater for their specific needs. The Minority Forum held in Geneva provided not only the space for minority groups to get their voiced heard in the United Nations (UN) set-up but also allowed many others to suggest ways to participate in the political systems, through proportional representation in the electoral system, through better use of the media to raise awareness on their everyday grievances, through right-based mechanisms such as legal frameworks, etc.

For my part, it has been a real, memorable experience. I came to get acquainted with the problems of the Roma community in Europe, of Afro-descendants, of the Dalits, particularly of Dalit women. I did an official presentation on the role and responsibilities of the media in promoting minority participation. I came to meet minority groups who talked of their problems not from a conceptual or theoretical point of view but from grounded perspectives and for many of them their problems are not (only) about political participation but really about basic survival. Under-representation, forced migration, persecution, refugee status… so goes the life of some of the minority groups I met in the UN Forum in Geneva.

Azhagan Chenganna
Geneva
14 Nov 2009

UOM Student Council Elections

Had a great week organising the election of representatives for University of Mauritius (UOM) Student Council. Being part of the organising team was quite an experience! Even though at times tension got high between the two parties (United Students and Student Front), we managed to organise the elections in a free, fair and credible manner. Counting was done on Friday 30 October and results announced in the afternoon, with United Students Party (US) having secured most of the seats.

Copenhague 2009: Quelle position pour les Petits Etats Insulaires ?

conseil-des-ministres-sous-marin-aux-maldives_8028_w160Le danger est aux portes des petites îles ! Pour autant, les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) auront-ils la possibilité de se faire entendre lors du sommet des Nations-Unies sur le climat ? Seront-ils compensés pour la menace à leur survie que représente le rechauffement climatique ? N’exagérons rien ! D’abord, un constat : la voix des Petits Etats insulaires est inaudible dans la diplomatie verte liée aux changements climatiques.

Ingénieux mais surtout fataliste le gouvernement des Maldives a, pour sa part, organisé un Conseil des ministres sous la mer pour alerter l’opinion mondiale ! Objectif : attirer l’attention sur les effets du rechauffement climatique sur l’archipel de l’océan Indien. Un rapport de la commission internationale des Nations Unies sur le changement climatique a prévenu qu’une hausse du niveau de la mer de 18 à 59 cm d’ici à 2100 rendrait l’Ile Girifushi, aux Maldives, inhabitable.

Cause perdue!

Un rapport de la Banque Mondiale, plus récent celui-là, intitulé ‘Développement et changement climatique », publié en septembre préalablement aux réunions de Copenhague fait ZERO mention des petites îles et des effets que le changement climatique aura sur leurs développements.

Quid de l’organisation qui regroupe les petites iles? L’Alliance of Small Island States (AOSIS), qui comprend 42 pays représentant 300 millions d’habitants, propose lui, une diplomatie du desespoir. En septembre, il a adopté une « AOSIS Climate Change Declaration » contenant 14 résolutions. Mais, il faut noter ceci au préambule de la déclaration: « Profoundly disappointed (emphase d’origine) by the lack of apparent ambition within the international climate change negotiations to protect SIDS (Small Island Developing States) and other particularly vulnerable countries…. > Negociations?! Tu parles… Copenhague ou pas, le sort des Petits Etats Insulaires est scellé !

Cela dit, il faudra préparer les populations et s’adapter pour ne pas subir de plein fouet les effets du changement climatique. Pour l’instant, c’est la seule position qui semble viable ! A moins d’un sursaut…

Que faut-il pour une révolution ?

Le monde a les yeux rivés sur l’Iran. L’épreuve de force entre la rue et le pouvoir est à sa deuxième semaine. Et le tout relayé en temps réel sur Twitter. Le régime iranien, lui, raidit la ligne. Preuve du durcissement – les journalistes internationaux priés de plier bagages, des accusations iraniennes contre « l’ingérence » des pays étrangers. La mobilisation des manifestants, elle, ne fléchit pas. Dans un tel contexte d’instabilité politique, que faut-il pour amener le déclic, le changement que souhaite le peuple iranien ?

-Le soutien de la communauté internationale ? Les déclarations de Barack Obama sont jugées trop timides et pas suffisamment musclées.

-La violence politique ? Que les forces du régime dérapent et que dans leur zèle répressif massacrent de milliers de manifestants. Et que cela provoque un soulèvement populaire.

-L’enjeu d’un rendez-vous historique? Un moment historique incarné par un leader charismatique.

Meilleurs vœux 2009

Une année qui chasse une autre mais l’an neuf a déjà ouvert ses crocs. Comme en témoignent les affaires de cette rentrée : la compagnie d’aviation nationale au bord de la faillite et la STC dans la tourmente. Une économie moribonde qui redoute, quant à elle, les effets violents de la récession mondiale comme en témoigne la mine pessimiste des chefs d’entreprise. L’année 2009 a ceci de particulière qu’elle annonce des souffrances collectives. Les consommateurs qui devront solder les mauvais comptes de la STC, les contribuables mauriciens qui vont secourir Air Mauritius, des chefs de famille qui payeront le prix de la récession en étant au chômage, une situation sociale qui donnera tonus aux faits divers.

Qu’à cela ne tienne. De ces épreuves, peut-être sortira une nation mauricienne plus solidaire et réconciliée. Car devant l’ampleur des crises annoncées, deux possibilités s’offrent au pays : celle de se fissurer avec des rancœurs des plus mal-lotis contre les plus nantis, des souffrances collectives qui engendrent divisions et ruptures sociales. Ou l’émergence d’une nation revigorée et fraternelle. Le volontarisme des uns devant les difficultés des autres.

Cela dit, il incombe aussi de la responsabilité de nos politiques. Devant les crises, il leur appartient de donner l’exemple et de réveiller dans l’imaginaire national l’esprit de la solidarité et de l’entre-aide. De réconcilier les mauriciens au lieu de les monter les uns contre les autres. Peut-être c’est trop leur demander !En tout cas, l’intronisation de Barack Obama mardi prochain aura le mérite de rappeler qu’une nation avance plus forte lorsqu’elle est unie et animée de fraternité.

J-6:Les élections américaines à bâtons rompus!

Deux heures de passionnant débat sur les présidentielles américaines. A six jours des élections, la Faculté des Sciences Sociales de l’Université de Maurice a organisé mercredi un débat enthousiaste sur les enjeux de ces élections. Deux intervenants de choix : le diplomate Vijay Makhan et Craig White, le public affairs officer de l’ambassade des Etats-Unis à Maurice. Selon Craig White ce sont trois critères qui feront pencher la balance soit du coté republicain ou démocrate. Premièrement, la personnalité des candidats (character); ensuite l’affiliation des électeurs aux partis politiques (political parties) et troisièmement, pratiquement en dernier recours, des questions liées à la politique étrangère, à l’économie ou aux affaires sociales telles que l’avortement, etc(issues).  Crise financière ou pas, à le croire l’issue des suffrages sera jugé sur la personnalité des candidats.

La politique étrangère aussi occupé une place importante lors de ce débat. L’arrivée d’un nouvel hote à la Maison-Blanche annonce-t-elle un tournant dans la politique étrangère américaine? Pour Vijay Makhan, il ne faut pas se faire d’illusion car il n’y a pas de différence marquée dans la politique étrangère de McCain ou d’Obama. Leur positionnement respectif sur l’Iraq est semblable. Et puis, les décisions du nouveau président n’échapperont pas à la trappe des institutions. “There will be no McCain Policy or Obama Policy as policy will have to go through the House of Representatives” , a observé Vijay Makhan. Au final, les puissants lobbies auront leur mot à dire sur les décisions présidentielles.

Et puis, l’américain moyen est nombriliste. Il ignore la géopolitique, si ce n’est la géographie. Demandez-lui ce qu’il pense de l’Afrique? de la Chine? Il répondera n’en faire grand cas et que c’est le cadet de ses soucis. A ses yeux, ce qui compte c’est son petit village, et c’est déjà considérable. “We need to educate American voters” , a remarqué Vijay Makhan avec ironie. “Aux Etats Unis quand je disais que je venais de Maurice, les américains me demandaient : c’est quelle cote de l’Amérique? C’est la cote ouest!”, a raconté Vijay Makhan. Et pourtant, l’espoir du monde repose entre les mains de ces américains qui voteront le 4 novembre et changeront en définitif le cours de l’histoire du monde.